Dany Laferrière L’Enigme du retour

Dany Laferrière          L’énigme du retour, Grasset, 2009

On a souvent entendu la voix de Dany Laferrière, il y a quelques semaines, voix forte et salutaire, en colère, s’élevant au-dessus du brouhaha médiatique, pour dire à peu près ceci : arrêtez de parler de « malédiction », de « destin », c’est trop d’insulte pour Haïti, pour un peuple qui fait face à la catastrophe, parlez plutôt de courage, de générosité et  d’amour de la vie.

Dans son dernier livre L’énigme du retour, Dany Laferrière rend hommage à son pays, aux Haïtiens, à sa famille restée là-bas, avec la sensibilité de quelqu’un qui est parti, qui a fait l’expérience d’avoir le corps quelque part et la tête – le cœur – ailleurs. Lire la suite >

Francophonies en Limousin

Récit garanti subjectif partial et partiel par de festivaliers venus d’ailleurs

Texte : Guillemette de Grissac

Photos : John Leunens  et Guillemette de Grissac (http://picasaweb.google.fr/gdegrissac/THEATRELimoges?authkey=Gv1sRgCOWvwNmGvtegjQE&feat=email#)

« …Si aujourd’hui nous constatons combien nous sommes en manque sans pour autant être en mesure de dire réellement de quoi, le théâtre nous offre la bouleversante possibilité de l’être ensemble. »

Wajdi Mouawad

La gare de Perpignan, comme centre du monde, c’était du temps de Dali. Voici la gare de Limoges.

Et un calembour médiéval (parait-il) : Au lit on dort.  Comme j’aime les calembours, j’ai réservé une chambre à l’hôtel du Lion d’or.

Francophonies en Limousin,  billetterie accueillante. Lire la suite >

Sur LE CLEZIO

(QUELQUES REFLEXIONS TOTALEMEMENT SUBJECTIVES)

Je m’aperçois que Le Clezio m’a accompagne depuis longtemps. Très discrètement. De loin en loin. Sans bruit. Au point que, jusqu’à présent,  j’ai rarement parlé de lui… Par exemple, au mois de septembre de l’année dernière, quand j’étais en congé de maladie, je lui dois mes meilleurs moments. Lire, pendant plusieurs jours a été mon activité principale. Rare. J’ai vécu alors en quarantaine, je veux dire avec La Quarantaine. Ce roman se passe sur l’île Plate, un des îlots qui en quelque sorte démultiplient l’île principale : Maurice.  L’île  Plate, à son tour,  se démultiplie en un îlot minuscule que l’on atteint à pied sec à maréee basse. C’est là que l’on envoyait mourir les plus atteints des malades mis en quarantaine à l’île Plate.  Les pailles en queue à brins rouges nichent sur cet îlot et volent autour de ces rochers volcaniques. L’auteur y fait sans cesse référence. Le récit est comme scandé par les cris des pailles en queue (phaeton rubricauda). Pour des quantités de raisons, littéraires, poétiques, géographiques, affectives, j’aime ce livre. Lire la suite >

Kafka

PRAGUE, janvier 07

Jamais je n’aurai imaginé retrouver Kafka démultiplié vendu comme produit dérivé dérivé de quoi ? Rien de concret, de marchand, de vendable, ne pouvait pourtant a priori « dériver » de l’esprit secret, indéchiffrable de Kafka.

Le moins transparent, le plus mystérieux des écrivains européens se décline  désormais comme « un concept commercial » De celui qui avait fait promettre à son ami Max Brod de détruire tous ses papiers – mais Max Brod n’a pas obéi, il a publié les œuvres, une chance pour nous – on trouve l’effigie en milliers d’exemplaires imprimé sur des « supports » en tous genres.

Supports : mugs (beaucoup de mugs), assiettes, tasses, papier à lettres, stylos, gommes, crayons, carnets, calendriers, cendriers, cartes postales, menus de restaurants, t-shirts, l’image de Franz Kafka est une marchandise attractive. Ce qui n’est pas sans produire un certain malaise (enfin, pour moi). Après tout, le propre de l’écriture kafkaïenne c’est de créer chez le lecteur-décrypteur une sorte malaise inattendu, indescriptible, voire insupportable.

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Tamarins – Chantier

Tamarins Chantier est la chronique d’une aventure du paysage réunionnais. En 2006 commence un très grand chantier qui doit se terminer en juin 2009. Il s’agit de résorber les engorgements de l’une des deux routes nationales, la plus fréquentée, la plus redoutée de tous ceux qui l’empruntent chaque matin, un vrai cauchemar, aux dires des usagers (dont je fais partie. Les photos ont été prises au début du chantier, car très vite l’ esthétique du chantier  s’est imposée à nos yeux.

Parfois le voyage commence en ouvrant la fenêtre de la maison. Le regard se pose sur le paysage familier,  en cours de métamorphose. En voyage, le corps et le regard se déplacent sans cesse à la rencontre des lieux. Ici, c’est le lieu qui  se déplace et se transforme : naissance et vie d’un chantier. Lire la suite >

Juins (extraits)

Présentation

« Juins » trouve difficilement son étiquette : autobiographie sans doute, par sa forme de « journal »  – chaque jour, du 1° au 27 juin, des textes brefs, soit une cinquantaine de pages – mais surtout photographie d’une société, retour sur une mince tranche de temps, mince au regard du temps historique, importante à l’échelle d’une génération. « Juins » est donc plutôt l’autobiographie d’une génération en même temps qu’une méditation sur le miracle  maintes fois raconté mais jamais épuisé : la naissance d’un nouvel être humain.

Un extrait de Juins est paru dans PAROLES DE FEMMES (Editions Radiofrance, librio, 2007 : www.librio.net ; www.radiofrance.fr)

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